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Sondage 18.04.2018

Le regard des Français sur la première année d’Emmanuel Macron à l’Elysée

A l’approche du premier anniversaire de l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République, l’Ifop a souhaité interroger les Français au sujet de la première année du nouvel hôte de l’Elysée. Les principaux enseignements sont les suivants :

1. Le bilan d’Emmanuel Macron apparaît contrasté mais, il reste, en comparaison de celui de ses deux prédécesseurs, nettement plus apprécié.
 
Un peu plus de quatre Français sur dix se déclarent satisfaits de l’action d’Emmanuel Macron en tant que président de la République (42%), soit un niveau deux fois supérieur à celui observé pour François Hollande (21% en avril 2013) à la même époque et nettement au-dessus de celui de Nicolas Sarkozy (28% en avril 2008). Toutefois, la proportion de personnes satisfaites de la politique du chef de l’Etat n’est pas majoritaire, à la différence de Jacques Chirac qui en 2003 dépassait largement les 50% de satisfaction (58%), dans le contexte d’union nationale, lié à la non-intervention en Irak. Dans le détail, l’actuel hôte de l’Elysée fait quasiment l’unanimité chez les sympathisants de La République en Marche (97% de satisfaits) et parvient à capter une part non négligeable de proches du Parti Socialiste (35%) et des Républicains (41%). A l’inverse, il ne convainc qu’une minorité de sympathisants du Front National (15%) et de La France Insoumise (19%).
 
Quatre piliers soutiennent ce niveau de satisfaction à l’égard d’Emmanuel Macron : 
- Les Français estiment majoritairement qu’après un an le chef de l’Etat tient les engagements qu’il avait pris lors de la campagne présidentielle (57%) – dimension sur laquelle il surclasse ses deux prédécesseurs, « plombés » durant leur quinquennat par la critique en termes de promesses non tenues ( 35% de tenue des engagements pour N. Sarkozy et 24% pour F. Hollande) 
- L’actuel président de la République se distingue nettement de son dernier prédécesseur en matière d’image : 73% des Français considèrent qu’il « a de l’autorité » (14% pour F. Hollande), 67% qu’il « sait où il va » (20% pour F. Hollande) et 57% qu’il est « compétent » (27% pour l’ancien président). En revanche, Emmanuel Macron n’est pas vraiment perçu comme plus juste (37% contre 36 %) ou plus sympathique (53% contre 52%) que son prédécesseur. En outre, moins d’un tiers des Français l’estime proche des préoccupations des gens (30%). 
- Les Français dressent un bilan majoritairement positif de l’action d’Emmanuel Macron pour ce qui est des relations avec l’Union européenne (67% d’avis positifs, contre 38% pour F. Hollande), de l’image de la France à l’étranger (63%) et de la croissance et de l’attractivité de la France (56%, contre respectivement 32 et 16% pour N. Sarkozy et F. Hollande). De la même façon, presqu’un Français sur deux juge son bilan positif en matière de lutte contre le chômage (45%), un niveau qui demeure supérieur à celui de ses prédécesseurs à la même époque (20% pour Chirac, 40% pour Sarkozy et 13% pour Hollande). En revanche, le bilan de l’actuel chef de l’Etat est moins approuvé que celui de N. Sarkozy dans des domaines tels que la lutte contre l’insécurité (41% contre 56%) et la maîtrise de l’immigration (29% contre 41%). Enfin, se font jour deux éléments de faiblesse : moins d’un tiers des Français approuve l’action d’Emmanuel Macron en matière de réduction des inégalités entre les territoires (30%) tandis que son action en matière de pouvoir d’achat suscite près de trois quarts de jugements négatifs. 
- La plupart des mesures mises en œuvre ou envisagées par le chef de l’Etat et son gouvernement sont approuvées par les Français, comme la création d’une police de sécurité du quotidien (81%), la réforme des institutions (79%), la suppression progressive de la taxe d’habitation pour 80% des foyers (73%), le projet de loi « asile et immigration » (67%). A l’inverse, trois mesures symboliques cristallisent les critiques : le remplacement de l’ISF par l’IFI (62% estiment que c’est une mauvaise mesure), la baisse de l’APL (65%) et l’abaissement de la vitesse maximale sur les routes secondaires à 80km/h (75%).

A la lumière de tous ces éléments, les Français considèrent majoritairement qu’Emmanuel Macron est en rupture avec ses prédécesseurs quant à la méthode utilisée pour mener les réformes (63%) et l’efficacité de celles-ci (57%).

2. Un an après l’élection présidentielle, Emmanuel Macron apparaît plus que jamais au centre d’un jeu politique, « dynamité » depuis la séquence électorale de 2017.

En effet, si le premier tour de l’élection présidentielle devait se rejouer ce dimanche, Emmanuel Macron avec 33% des intentions de vote, (contre 24% le 23 avril 2017) arriverait très nettement en tête devançant Marine le Pen avec un score de 23% (contre 21,3% il y a un an). François Fillon et Jean-Luc Mélenchon verraient quant à eux leurs résultats reculer respectivement de 8 et 3 points (pour s’établir à respectivement 12 et 16,5%). Par ailleurs, l’hypothèse d’une candidature de Laurent Wauquiez pour Les Républicains profiterait principalement à Emmanuel Macron (36% contre 8% pour le Président de LR). Ce dernier se montre donc dans toutes les configurations, en capacité d’attirer des électeurs venus de différents horizons politiques, en particulier de la droite (35% des électeurs de F. Fillon du 23 avril se déclarent aujourd’hui prêts à voter pour lui, une proportion qui grimpe à 52% quand le candidat de la droite est L. Wauquiez).

La position centrale d’Emmanuel Macron dans le paysage politique lui est d’autant plus profitable que les oppositions apparaissent éparpillées et en mal de crédibilité : seuls 22% des Français estiment que le Front National ferait mieux que le gouvernement actuel, 19% s’agissant de La France Insoumise, 14% pour Les Républicains et 10% pour le Parti Socialiste.
Enfin, la part de Français considérant la façon de gouverner d’Emmanuel Macron meilleure que celle de ses prédécesseurs atteint 37%, un score qui dépasse de 20 points les scores enregistrés pour ses prédécesseurs (17% pour N. Sarkozy et 16% pour F. Hollande).

Echantillon de 1201 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

La représentativité de l'échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, catégorie socio-professionnelle) après stratification par région et catégorie d'agglomération. Les interviews ont eu lieu par questionnaire auto-administré en ligne (CAWI - Computer Assisted Web Interviewing) du 12 au 16 avril 2018.

AVEC:  PARIS MATCH, CNEWS, SUD RADIO

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