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Effectuées la plupart du temps sur la base d’échantillons nationaux représentatifs de 1000 personnes, les enquêtes ne permettaient pas de prendre en compte la dimension régionale voire spatiale des phénomènes d’opinion. De la même façon, les instituts de sondages présentent traditionnellement les résultats de leurs enquêtes et analyses sous la forme de tableaux de chiffres ou de graphiques. Convaincu de longue date de l’importance de la dimension géographique dans la compréhension des logiques d’opinions et électorales et soucieux de renouveler et d’améliorer la visualisation des résultats de ses enquêtes, l’Ifop a développé des outils cartographiques. Nous présentons ici quelques- unes de nos productions qui permettent de rendre compte et d’explorer les logiques géographiques à l’œuvre dans la formation des opinions publiques. Nos cartographies interactives font appel à la solution Carto, les statiques avec la solution Cohéris.

 

Candidat arrivé en tête au 2e tour

La leader frontiste, quoique largement battue, arrive en tête dans le Pas-de-Calais et l’Aisne et réalise ses meilleurs scores dans les zones périurbaines et rurales du quart nord-est de la France, sur le littoral méditerranéen, en Corse et dans la vallée de la Garonne.
Toutefois, dans ces territoires, elle ne parvient pas à s’imposer dans les grandes villes et leur périphérie proche où Emmanuel Macron la devance.
Largement vainqueur dans l’ouest de la France, il accentue encore son avance dans les principales métropoles (Bordeaux, Nantes, Rennes…) et leurs banlieues.
A l’exception de la Seine-et-Marne, il s’impose aussi largement en Île-de-France et dans la capitale où Marine Le Pen n’atteint pas les 10% des suffrages exprimés.
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Abstention au 2e tour

Les grandes zones de force du candidat d’En marche ! sont celles où les électeurs se sont le moins abstenus (Bretagne, Nouvelle Aquitaine, ex-Midi-Pyrénées, Paris).
A l’inverse, dans un grand quart nord-est, sur le littoral méditerranéen ou encore en Corse, où Marine Le Pen réalise ses meilleurs scores, l’abstention a été nettement plus forte.
Cette géographie de l’abstention participe donc de l’avance considérable d’Emmanuel Macron sur Marine Le Pen et traduit aussi à sa façon l’insatisfaction vis-à-vis du système politique.
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Blancs et nuls au 2e tour

Il est intéressant de rapprocher la carte des votes blancs et nuls de celle de Jean-Luc Mélenchon au 1er tour de l’élection présidentielle.
Dans le grand quart sud-ouest dans lequel le candidat de la France Insoumise s’est distingué, de nombreux électeurs ont fait le choix de voter blancs ou nuls.
On remarque tout particulièrement l’arrière-pays Languedocien et l’Ariège ou encore le Limousin et la Dordogne où Jean-Luc Mélenchon était arrivé en tête dans de nombreuses communes.
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Les communes où Benoît Hamon obtient moins de 3 voix

Hormis son score, l’échec de la candidature de Benoît Hamon se lit également sur cette carte. Pas moins de 1020 communes n’ont accordé aucune voix au candidat socialiste et 1366 un seul bulletin. Dans 1593 autres communes, il n’a récolté que deux voix. De véritables déserts socialistes apparaissent ainsi sur cette carte de l’Aisne à la Meuse et des Ardennes ou nord de la Côte d’Or et de la Haute-Saône. Dans cette vaste zone où l’audience frontiste est très prégnante, la présence socialiste, historiquement déjà faible, semble avoir été éradiquée. C’est le cas également dans de nombreuses communes rurales du Pas-de-Calais, de la Somme et de la Seine-Maritime.

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JEAN-LUC MELENCHON : Les votes par commune

La France de Jean-Luc Mélenchon s’appuie sur la survivance de l’implantation communiste. On retrouve ainsi les campagnes rouges du Bourbonnais dans l’Allier, celles des Monts d’Arrée en Bretagne, celle du Périgord et de la Haute-Vienne, les bassins miniers du Canigou, des Cévennes, et de Lorraine. Le communisme urbain est également représenté avec les restes de la banlieue rouge, le Havre, l’agglomération rouennaise, Vierzon… Mais le mélenchonisme a largement débordé les limites des restes du communisme municipal en captant toute une partie de l’électorat des fiefs socialistes traditionnels ruraux principalement dans le sud : Landes, Ariège, Corbières et Ardèche mais aussi en milieu urbain avec des bons scores dans des métropoles à faible tradition communiste comme Nantes, Rennes ou Strasbourg.
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FRANCOIS FILLON : Les votes par commune

Traduction de l’échec de François Fillon, la sphère d’influence traditionnelle de la droite s’est considérablement rétractée.
 Le principal point d’appui est centré autour de son bastion sarthois avec la Mayenne, l’Orne et une partie du Maine-et-Loire.
On retrouve également plus au sud, le Cantal, l’Aubrac, les Savoie et le Haut-Doubs à la frontière suisse.
Le candidat de droite vire également en tête dans les zones à hauts revenus parmi lesquelles on peut citer l’ouest des Yvelines (terre d’élection de Gérard Larcher), les vignobles champenois et alsaciens mais aussi et surtout de nombreuses zones balnéaires : Le Touquet (pourtant lieu de villégiature de la famille Macron), la Côte fleurie (Trouville, Deauville, Honfleur), le golfe du Morbihan, la côte vendéenne et charentaise (avec le fameux retraité de l’Ile de Ré assujetti à l’ISF…), le bassin d’Arcachon et la Côte d’Azur.

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MARINE LE PEN : Les votes par commune

La carte du vote Le Pen correspond à l’implantation classique du FN. Elle obtient ses meilleurs résultats dans son fief du quart nord-est de la France (Nord-Pas-de-Calais, Picardie, Champagne-Ardenne). A cela s’adjoignent le littoral méditerranéen et l’axe de la Garonne remontant jusqu’à la Charente-Maritime.

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EMMANUEL MACRON : Les votes par commune

Le vote Macron est puissant sur la majeure partie la façade Ouest. C’est le cas en Bretagne, dans les Pays-de-la-Loire mais aussi dans la majeure partie de la Nouvelle Aquitaine, sur les départements littoraux (Gironde et Pyrénées-Atlantiques) comme loin à l’intérieur des terres : Haute-Vienne et Corrèze. Cette audience importante du macronisme s’observe également dans bon nombre de départements de l’ancienne région Midi-Pyrénées : Hautes-Pyrénées, Haute-Garonne, Aveyron. Dans le Massif central, cette influence se prolonge dans le Cantal et le Puy-de-Dôme. Parallèlement à ce large croissant courant du sud du Massif Central jusqu’au nord de la Bretagne, la France urbaine constitue le second socle du macronisme électoral. La carte de ce vote fait en effet ressortir très nettement l’armature urbaine du pays.

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Les résultats de l'abstention par commune

La carte de l’abstention fait apparaître des régions au tempérament plus civique que d’autres.
 C’est le cas notamment dans l’Ouest et le Sud-Ouest où la participation a été très importante. A l’inverse, la Corse se distingue par une mobilisation nettement plus faible.
 C’est également le cas dans des territoires désindustrialisés et/ou populaires comme les bassins miniers du Nord-Pas-de-Calais et de Lorraine ou bien encore la Seine-Saint-Denis.

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BENOIT HAMON : Les votes par commune

Avec 6,4% des voix, Benoît Hamon obtient le plus faible score de l’histoire du courant socialiste depuis les débuts de la Vème République (à l’exception de Gaston Defferre en 1969).
 La double hémorragie aux profits de Macron et de Mélenchon a réduit à peau de chagrin l’électorat PS sur tout le territoire.
La carte du vote Hamon se structure autour des zones d’influence socialistes traditionnelles : Sud-Ouest, Bretagne, Limousin et Ile-de-France mais l’étiage atteint est drastiquement bas et dans des centaines de communes (dans le Nord-Est et dans le Sud-Est), le candidat n’a recueilli aucun suffrage…

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NICOLAS DUPONT-AIGNANT : Les votes par commune

Le vote en faveur de Nicolas Dupont-Aignan atteint des niveaux non négligeables dans des zones traditionnellement acquises à la droite. C’est le cas par exemple en Alsace, en Champagne-Ardenne, dans les zones rurales du bassin parisien mais également plus à l’ouest dans le sud de la Manche, une partie du Maine-et-Loire ou bien encore en Vendée.
On peut ainsi penser que la progression du candidat de Debout la France s’est appuyée pour partie sur des déçus de la droite ne souhaitant pas voter pour François Fillon.
 S’il a bénéficié de cette opportunité, Nicolas Dupont-Aignan a en revanche manifestement pâti de la concurrence de Jean Lassalle dans certaines zones rurales et de montagne. Le vote Debout La France est en effet particulièrement faible dans les Pyrénées, en Corse et dans le sud du Massif Central, où le candidat béarnais a rencontré un certain écho.

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JEAN LASSALLE : Les votes par commune

La carte du vote Lassalle fait apparaître un effet de fief important avec ses meilleurs scores concentrés dans le département des Pyrénées-Atlantiques et plus particulièrement dans son fief. Au fur et à mesure que l’on s’en éloigne, ce vote décline. Le candidat défendant la ruralité n’a manifestement pas été entendu dans toutes les campagnes de France. Sa candidature a cependant rencontré un écho particulier dans certains territoires spécifiques que sont les zones montagneuses. Effet, de proximité, les Pyrénées ressortent assez nettement sur la carte, mais aussi le Massif Central, le sud des Alpes et également la Corse. On peut penser qu’un sentiment de proximité a joué avec un électorat pas simplement rural mais montagnard vis-à-vis du fils et du frère de berger béarnais. On voit d’ailleurs sur la carte que le vote est nettement plus faible dans les vallées de la Garonne et du Rhône alors qu’il augmente sur les contreforts. Autre spécificité du vote Lassalle, il est plus fort dans la partie sud du pays. Mais la ligne de démarcation n’est pas, comme souvent, constituée par la Loire, mais correspondrait davantage à la limite des parlers d’Oïl et d’Oc comme si l’accent prononcé du candidat avait constitué un élément qui avait, selon les régions, généré de la proximité et de l’empathie ou au contraire la distance.

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LES QUATRE FRANCE : LA CARTE DU CANDIDAT ARRIVÉ EN TÊTE

Les quatre principaux candidats se sont partagés un peu plus de 80% des voix.
Cette domination arithmétique a également trouvé sa traduction géographique comme le montre la carte du candidat arrivé en tête.
Chacun d’entre eux règne sur un espace bien défini.

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Emmanuel Macron : Les intentions de vote en sa faveur par région au 04 avril 2017

Ce scrutin présidentiel sera marqué par l’irruption du macronisme dans le paysage électoral. Quelle est sa géographie et à quoi renvoie-telle ? Le leader d’En Marche obtiendrait ses meilleurs résultats en Ile-de-France (26%) mais aussi dans le Grand Ouest : 29% dans l’ancienne région Poitou-Charentes, 27% dans les Pays-de-la-Loire ou bien encore 25% en Bretagne. Les scores sont également non négligeables dans le Sud-Ouest et Auvergne-Rhône-Alpes. Les niveaux sont en revanche un peu moins élevés sur le pourtour méditerranéen et dans le Nord-Est, comme si le vote Macron s’inscrivait géographiquement comme la structure inversée du vote FN.

 

 

Marine Le Pen : Les intentions de vote en sa faveur par région au 04 avril 2017

Si Marine Le Pen atteignait un niveau inédit pour une élection présidentielle avec un score moyen de 26% (correspondant à la moyenne de nos sondages sur la période récente), la géographie du vote FN demeurerait assez stable. Les régions du Nord-Est et Paca pointeraient à plus de 30% au premier tour quand l’Ile-de-France et le Sud-Ouest demeureraient réfractaires. Néanmoins, sur la façade Ouest, le niveau atteint serait impressionnant avec 22% dans les Pays-de-la-Loire et 25% en Bretagne, signe d’une progression du FN dans ces terres de mission.

 

 

BENOIT HAMON : Carte des maires l'ayant parrainé

Dans des régions entières comme la Picardie, le Centre, Champagne-Ardenne, les Pays-de-la-Loire ou la Basse-Normandie, le candidat socialiste ne dispose plus de relais d’influence, qui se rétractent sur le Sud-Ouest et le Nord-Pas-de-Calais, bastions historiques du socialisme français.

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JEAN-LUC MELENCHON : Carte des maires ayant parrainé

La carte des soutiens à Jean-Luc Mélenchon fait apparaître les bastions communistes traditionnels (bassin minier du Nord-Pas-de-Calais et de Lorraine, banlieues parisienne et rouennaise et Massif central) mais aussi la survivance d’un socialisme rural dans le Sud-Ouest et la vallée du Rhône qui se reconnait manifestement dans le programme du leader de la France insoumise.

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MARINE LE PEN : Carte des maires l'ayant parrainé

Marine Le Pen a enregistré assez peu de signatures de maires car cette année, contrairement aux précédentes présidentielles, la majorité des parrainages est provenu des élus régionaux FN, ce qui a permis au parti de ne pas se lancer dans une fastidieuse entreprise de démarchage des maires. Ces parrainages proviennent essentiellement du quart nord-est du pays, bastion électoral du FN.

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EMMANUEL MACRON : Carte des maires l'ayant parrainé

Les soutiens d’Emmanuel Macron sont répartis sur l’ensemble du territoire, témoignant de la large assise du «macronisme» tant géographique que politique, le leader d’En Marche ! rencontrant un écho dans les régions de gauche (Midi-Pyrénées) et de droite (Basse-Normandie). On voit également apparaître le soutien apporté par des personnalités localement influentes (Arthuis en Mayenne, Saurel dans l’agglomération de Montpellier ou bien encore Giacobbi en Haute-Corse).

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FRANCOIS FILLON : Carte des maires l' ayant parrainé

François Fillon est le candidat qui a recueilli le plus grand nombre de parrainages. Ces très nombreuses signatures témoignent d’une forte mobilisation de la base la plus militante de la droite notamment en région parisienne, de PACA, d’Alsace, de Rhône-Alpes et de son fief sarthois. A l’inverse, on observe un nombre assez limité de parrainages dans le grand ouest (à l’exception de la Sarthe), ce qui traduit sans doute un soutien moins fort dans ces terres de droite modérée.

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